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Ophélia

Les yeux au ciel, bouche entrouverte tu reposes
Ophélia, ô fille des flots, sœur des songes
Sur ton long corps éteint les étoiles s’allongent
Dans l’onde calme et sombre te pleurent les roses

Les vieux saules se penchent, courbent l’échine
Les tiges s’étirent, les feuilles se déploient
S’entremêlent doucement et tressent le toit
Le dôme Ophélia, de ta bière marine

Dans tes cheveux blonds, les algues vertes se nouent
Le lierre agrippe ton pied mignon puis ta cuisse
Entre tes doigts et sur tes belles hanches se glisse
La plante saisit ton corps d’un branchage fou

Dans ce prestigieux cercueil, abri éternel
Sous l’astre opalin qui réveille ton long corps blanc
Déposé sur ces eaux graves, sombres, naviguant
Vois-tu naître Ophélia cette fleur nouvelle ?

Zf

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